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Jeudi 24 Mai 2018, 15:15

800€ pour se débarrasser d’un travailleur malade… c’est cadeau pour les patrons

Avec la mise en place du nouveau système de sanctions, la procédure d’activation des malades de longue durée chère à Maggie De Block et au gouvernement Michel a atteint sa vitesse de croisière. Ils veulent ainsi remettre à l’emploi un maximum de travailleurs en incapacité de plus de 2 mois mais ils offrent aussi sur un plateau un moyen légal de licencier des travailleurs affaiblis pour une somme dérisoire.

800€. C’est la somme qui sanctionnera les grosses entreprises si elles ne mettent pas en place un plan de réinsertion pour un travailleur malade de longue durée. Une sanction ridicule qui ne dissuadera nullement les entreprises de licencier le travailleur malade. Que du contraire. Ce système offre un moyen légal aux entreprises de se débarrasser d’un travailleur dont la rentabilité n’est pas optimale à ses yeux. Une aubaine que certains n’auront aucun scrupule à saisir.

Une fois de plus, ce sont les travailleurs qui vont payer le prix fort de cette mesure. D’autant que si le travailleur en maladie longue durée refuse la réinsertion sans motif valable, l’indemnité maladie mensuelle qu’il perçoit sera amputée jusqu’à 10%.

Une sanction surprenante

Notre centrale s’étonne de cette mesure. D’autant que les statistiques de 2017 révèlent que dans 60% des cas, ce sont les travailleurs qui prennent l’initiative de reprendre le travail. Dès lors, pourquoi s’entêter à mettre en place une sanction ? Ces travailleurs, déjà en situation précaire, seront encore plus affaiblis.

La réinsertion est un leurre

Rappelons qu’en 2017, près de 14.000 travailleurs se sont vus proposer un trajet de réinsertion. Dans 71% des cas, les médecins du travail ont conclu que les travailleurs étaient inaptes à reprendre leur poste mais prêts à reprendre dans un travail adapté ou qu’ils étaient définitivement inaptes à reprendre toute forme de travail chez l’employeur. Dans la plupart des cas, l’employeur ne fait pas l’effort de chercher un poste adapté, il choisit l’option de facilité à savoir le licenciement pour raison médicale. Et ce n’est pas la maigre sanction mise en place par le gouvernement qui les dissuadera.

Rappelons qu’en 2017, près de 14.000 travailleurs se sont vus proposer un trajet de réinsertion. Dans 71% des cas, les médecins du travail ont conclu que les travailleurs étaient inaptes à reprendre leur poste mais prêts à reprendre dans un travail adapté ou qu’ils étaient définitivement inaptes à reprendre toute forme de travail chez l’employeur. Nous avons malheureusement constaté que l’employeur n’offre généralement pas de poste adapté

Notre centrale le répète depuis des mois, le système de réinsertion de malades de longue durée du gouvernement ne vise aucunement à aider le travailleur malade. C’est une machine à licencier. Le mécanisme de sanction qui vient d’être promulgué vient renforcer notre conviction. Nous revendiquons une réelle politique d’accompagnement des travailleurs malades ainsi qu’une politique de prévention concertées et réfléchies.