Frais de carburant: 1 aide-ménagère sur 2 pense à quitter le secteur

Faire le plein ou remplir son frigo ? Autrement dit : aller travailler ou pouvoir boucler ses fins de mois ? Pour des milliers d’aide-ménagères, la flambée des prix du carburant rend ce dilemme de plus en plus concret. Comme beaucoup de Belges, elles subissent la hausse des prix à la pompe. Mais leurs faibles revenus et le recours massif au travail à temps partiel rendent le poids des déplacements professionnels invivable. C’est ce qui ressort d’une enquête menée par la FGTB Titres-services auprès de plus de 2.100 aide-ménagères. Plus de la moitié des travailleuses interrogées déclarent qu’elles pourraient être contraintes de quitter le secteur si les prix du carburant continuent d’augmenter.

L’enquête s’est principalement intéressée à l’utilisation de la voiture personnelle à des fins professionnelles et à l’impact de la hausse des prix du carburant. Les résultats sont sans appel: la mobilité représente une charge financière insupportable pour ces travailleuses.

L’enquête en quelques chiffres

  • 94 % des aide-ménagères utilisent leur voiture privée pour se rendre chez les clients.
  • Les déplacements professionnels représentent en moyenne 603 km par mois.
  • 13 % du revenu net des aide-ménagères est consacré aux dépenses de carburant liées à leur travail

Les (nombreux) temps partiels encore plus pénalisés
L’analyse des résultats met également en évidence un lien très clair entre la durée du travail et le poids du carburant dans le revenu. Pour une travailleuse à temps plein, les frais de carburant représentent en moyenne 13 % du salaire. Pour un contrat de moins de 13 heures par semaine, cette proportion grimpe à 17 %.

C’est la double peine : des revenus plus faibles, mais des frais de déplacement qui pèsent proportionnellement encore plus lourd. Quand on sait que le travail à temps partiel – souvent subi – est particulièrement répandu dans le secteur des titres-services, et que 98 % des travailleurs sont des femmes, ces chiffres sont particulièrement préoccupants.

Plus d’une travailleuse sur deux ne pourra pas continuer dans le secteur
Pour les aide-ménagères, la situation devient intenable. 53 % des travailleuses interrogées déclarent envisager de quitter leur emploi si les prix du carburant continuent d’augmenter.

À l’heure où les gouvernements sont à nouveau à la recherche de plusieurs milliards et où l’indexation, la TVA ou encore une flexibilité accrue du temps de travail sont sur la table, notre message est clair : pas dans nos poches, et certainement pas dans celles des aide-ménagères, déjà au bord de l’asphyxie financière.

La FGTB Titres-services demande une revalorisation urgente des indemnités de déplacement. Les aide-ménagères ne peuvent plus continuer à supporter seules l'augmentation des coûts de carburant alors que l'utilisation de leur véhicule est indispensable à l'exercice de leur métier. Face à la crise énergétique, les travailleuses ont besoin de solutions, et elles en ont besoin maintenant. Les différents gouvernements et ministres doivent intervenir immédiatement.


Consulter les résultats de l'enquête mobilité FGTB Titres-services 2026