Reforme du Titres services Wallon - Le rapport confirme ce que disent les aides-ménagères

Dans le cadre des travaux de refonte du système des titres-services, les organisations syndicales du secteur ont elles aussi été auditionnées par le Parlement wallon. Pour la FGTB Titres-services et la CSC Alimentation et Services, une chose est claire : certaines entreprises commerciales sont plus que jamais totalement déconnectées de la réalité que vivent les aide-ménagères.

Ces auditions s’appuient sur le rapport IDEA réalisé dans le cadre de la future réforme du secteur. Après analyse en profondeur de ce rapport et l'écoute attentive de toutes les auditions, les organisations syndicales tirent des constats alarmants.

3 fois plus d’incapacités longue durée
Le rapport confirme un taux d’absentéisme moyen de 16,3 % en 2024 (hors incapacités de longue durée) et une forte hausse des incapacités de longue durée qui est de 11,1 % contre 3,36 % pour l’ensemble des travailleurs belges, tous secteurs confondus.

Ces chiffres, confirmés par de nombreuses études scientifiques, prouvent la pénibilité du métier et un manque structurel de prévention. Ce système abîme durablement la santé des travailleuses.

Un secteur peu attractif pour les travailleurs
En outre, le rapport met également en évidence un manque d’attractivité du métier, notamment sur le plan financier, ce qui explique la pénurie persistante de main-d’œuvre. Par ailleurs, il apparaît clairement que la rentabilité existe pour une partie des entreprises, avec 92 % des bénéfices distribués aux actionnaires sur la période 2021‑2024 tandis que les entreprises sociales rencontrent plus de difficultés.

Déconnexion totale 
Lors des auditions, une chose est apparue très clairement les entreprises commerciales sont totalement déconnectées de la réalité du terrain. Ainsi, la seule réponse avancée par Domiva se limite à réclamer davantage de l’argent… et du temps. À aucun moment il n’a été question des aide‑ménagères. Cette posture illustre parfaitement le comportement des entreprises commerciales.

Nos priorités sont claires

Face à cette situation, les organisations syndicales réaffirment leurs priorités :

  • améliorer le bien-être des aide-ménagères
  • renforcer les visites médicales et la prévention
  • conditionner les subsides publics à l’amélioration des conditions de travail
  • renforcer l’encadrement des aide-ménagères

Ce dernier point est crucial avec l’arrivée sur le marché du travail de nouveaux demandeurs d’emploi exclus du chômage. Un affaiblissement de l’encadrement dans ce contexte serait incompréhensible et irresponsable.

Il est temps d’agir
Sur base du rapport IDEA, les organisations syndicales sont unanimes: les moyens existent dans le système. La question n’est pas celle du financement, mais bien celle de l’utilisation des subsides. Aujourd’hui, l’argent public ne peut plus continuer à financer un modèle qui produit à la fois des profits pour certains acteurs et de la précarité pour les travailleuses. Le Gouvernement wallon a l’obligation morale de mettre le dispositif au service de l’emploi de qualité.