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Communiqué de presse

Lundi 18 Septembre 2017, 9:30

Les préavis dans la construction de nouveau sous pression

Cet été, durant la trêve estivale, le gouvernement a tenté de faire passer en douce toute une série de mesures particulièrement amères. Parmi celles-ci, une nouvelle tentative de modification du régime des délais de préavis pour les ouvriers de la construction. Une nouvelle discrimination que les travailleurs de la construction n’entendent pas accepter, ils sont soutenus dans cette démarche par le front commun syndical.

Ce n’est pas nouveau, lors de l’uniformisation des statuts ouvriers-employés en 2013, le gouvernement avait déjà infligé un traitement discriminatoire aux ouvriers de la construction qui voyaient leurs délais de préavis rabotés par rapport aux autres travailleurs. Une situation intolérable que nous avions dénoncée et pour laquelle la Cours constitutionnelle nous avait donné raison. Mais aujourd’hui, par le biais d’un texte volontairement flou, le gouvernement tente d’ouvrir à nouveau une brèche en affirmant qu’une solution sera trouvée quant au régime dérogatoire des préavis dans le secteur de la construction avec effet rétroactif au 1er janvier 2014.

Discrimination injuste pour les travailleurs

En juin dernier déjà, nous nous étions montrés fermes en refusant de revenir sur le dossier relatif aux préavis au sein du groupe des 10. Nous n’avons pas changé de position.

Nous avons combattu cette discrimination injuste et avons obtenu gain de cause devant la Cour constitutionnelle. Réinstaurer aujourd’hui un nouveau régime dérogatoire pour la construction équivaudrait à créer une nouvelle discrimination et serait perçu comme une attaque frontale envers les travailleurs de la construction.

Le front commun syndical se montre ferme et rappelle qu’il n’acceptera aucune modification du régime de délais de préavis de la construction. Les travailleurs de la construction sont des travailleurs à part entière et non des ouvriers de second rang.

Des cadeaux pour les employeurs

Par contre, la situation est beaucoup plus confortable pour les patrons de la construction qui voient une fois de plus leurs revendications exaucées via une réduction des cotisations patronales pour plus de 600 millions d’euros d’ici 2020, sans la moindre garantie en matière de maintien ou de création d’emplois. Le but annoncé est de lutter contre le dumping social or, nous savons tous que ce n’est pas de cette manière que le fléau du dumping social pourra être éradiqué. Pour cela, ce n’est pas de cadeaux sans contrepartie aux employeurs dont nous avons besoin, mais bien de mesures efficaces au niveau européen, notamment plus d’inspecteurs sur le terrain.