Les femmes ne tombent pas malades par hasard, on les y pousse !
Une nouvelle enquête révèle les causes de l’incapacité de travail de longue durée
L’incapacité de travail de longue durée est rarement un échec individuel. C’est ce qui ressort de l’enquête menée par la FGTB Chimie-Pétrole auprès de 955 travailleurs du secteur (dont 62,26% de femmes). A quelques jours de la Journée internationale des droits des femmes, les résultats sont éloquents : il y a un rapport entre l’organisation du travail, la charge psychosociale et l’incapacité de travail de longue durée … et il s’avère que ce sont surtout les travailleuses qui sont les plus vulnérables.
Reprise du travail sans filet de sauvetage
Plus de la moitié des travailleuses qui ont été inaptes au travail pendant plus d'un mois au cours des 5 dernières années indiquent avoir été victimes d'une gestion déficiente du bien-être dans leur entreprise. Une charge de travail élevée (18,54%), un manque d'appréciation (16,82%) et un soutien insuffisant de la part des supérieurs hiérarchiques (15,58%) sont les manquements les plus souvent cités. L’équilibre entre vie professionnelle et vie privée (13,86%) joue également un rôle.
De plus, près de la moitié des répondantes (48,43%) indiquent que leur état de santé n’est pas pris en considération lors de leur retour au travail. Le graphique ci-dessous illustre que le temps de travail ou le poste de travail sont à peine adaptés. Pire : certains employeurs refusent toute proposition d’adaptation ou ne font aucune démarche à cet égard. En d'autres termes, on attend d'une personne qu'elle continue à travailler de la même manière, même si sa santé ne le lui permet pas (encore).

Mise à l’écart, sentiment de culpabilité,… Mais des solutions à proposer !
L'impact ne se fait pas seulement ressentir au niveau de l’organisation, mais également sur le plan émotionnel. Plus d'un quart (voir graphique ci-dessous) des travailleuses se sentent mises à l'écart par leur employeur, 29,73 % déclarent éprouver un sentiment de culpabilité à propos de leur absence pour cause de maladie et 1 travailleuse sur 4 seulement déclare se sentir comprise par son employeur. Ici aussi, les chiffres sont éloquents : les femmes subissent une charge émotionnelle plus lourde du fait de l’absence d’une gestion bienveillante du bien-être dans leur entreprise.
De leur côté, les travailleurs masculins indiquent éprouver moins de sentiment de culpabilité et pointent plus souvent l’organisation du travail comme cause.
Par ailleurs, il est frappant de constater que les travailleurs savent très clairement quelles mesures pourraient avoir un effet préventif : une meilleure communication et un meilleur soutien, davantage de flexibilité et une charge de travail raisonnable. Mais leurs idées et propositions sont peu ou pas du tout prises en compte dans leurs entreprises.

Investir dans le bien-être dans l’intérêt de tous
« Les chiffres ci-dessus ne laissent guère de place au doute. L’incapacité de travail de longue durée ne vient pas de nulle part. C'est une conséquence d'une organisation du travail qui n'accorde pas assez d'attention aux travailleurs et, en particulier, aux travailleuses », déclare Andrea Della Vecchia, secrétaire fédéral de la FGTB Chimie-Pétrole. Il lance aussi un appel aux employeurs : « L’enquête nous révèle que vous n’accordez pas suffisamment d’importance aux idées des collègues malades. Ecoutez-les et donnez suite à leurs propositions en matière de communication, soutien et charge de travail. Une entreprise qui s'engage en faveur du bien-être est gagnante sur tous les fronts : moins d’absences, plus de motivation, une qualité et une stabilité accrues ». Selon lui, les secteurs doivent miser sur une gestion préventive du bien-être, concertée avec les représentants des travailleurs et basée sur une organisation réaliste du travail. « Réagir lorsque les travailleurs sont déjà en arrêt maladie coûte plus cher tant au travailleur qu'à l'employeur et à la société », souligne le syndicaliste.

