DOMIVA (ex-Federgon) bloque les négociations sectorielles dans le secteur des titres-services
« 15 entreprises bloquent les salaires et les conditions de travail de 140.000 aides-ménagères »
Nouvelle fédération patronale : un nom, mais pas de mandat
Les négociations sectorielles dans le secteur des titres-services sont actuellement complètement à l’arrêt. La cause réside chez DOMIVA, la nouvelle fédération patronale qui remplace Federgon en tant que fédération des acteurs commerciaux du secteur.
Bien que DOMIVA ait lancé son nom et son site web il y a quelques semaines, il apparaît aujourd’hui que l’organisation n’est pas en mesure de négocier. Lors de la commission paritaire de ce matin, il est apparu clairement que les représentants de DOMIVA ne disposent d’aucun mandat pour poursuivre les discussions.
Une quinzaine d’entreprises seraient impliquées dans DOMIVA et elles bloquent toute poursuite du dialogue social dans le secteur. Les deux autres organisations patronales (qui représentent les entreprises à finalité sociale) ont quant à elles poursuivi les négociations, mais un accord sectoriel nécessite l’unanimité de l’ensemble des partenaires sociaux.
Une petite minorité bloque tout le secteur
De cette manière, 15 entreprises bloquent le dialogue social dans un secteur qui compte encore environ 1.000 entreprises. Si les entreprises veulent comme elles l’annoncent dans leur publication soutenir leurs aides-ménagères, nous les invitons à se distancer publiquement de Domiva. Il est urgent de revenir à un dialogue constructif plutôt qu’à un modèle qui ne sert que les grands acteurs.
Malgré de belles déclarations, rien n’a changé par rapport à Federgon
Sur son site web, DOMIVA affirme vouloir miser sur le dialogue et construire des ponts entre les entreprises et les aides-ménagères. Or, rien de tel n’a été constaté au cours des négociations.
Même concernant la récente mesure fédérale visant à augmenter temporairement les indemnités de déplacement — une mesure dont le coût est entièrement récupéré fiscalement — la fédération n’a pas souhaité ouvrir la discussion.
Dans un secteur où les remboursements de frais sont déjà particulièrement faibles, il est incompréhensible que des moyens publics disponibles ne soient pas utilisés dans l’intérêt des travailleurs.
À nouveau aucun progrès pour 140.000 aides-ménagères
Pour les aides-ménagères, il s’agit une fois de plus d’une gifle. La période 2023-2024 n’avait déjà vu aucun accord sectoriel. Pourtant, les problèmes auxquels elles sont confrontées sont nombreux et persistants, notamment :
- des investissements insuffisants en matière de prévention et de santé
- un remboursement insuffisant des frais (déplacements, GSM, frais de stationnement, …)
- des abus persistants, tels que le non-paiement du salaire garanti en cas de maladie ou lors de l’absence du client
Faute d’un interlocuteur légitime, les syndicats ne sont plus en mesure de garantir la paix sociale dans le secteur.
